
Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. C’est là que le vertige les saisit brutalement. L’un après l’autre, ils se laissent submerger par le désir et la colère jusqu’à s’y abandonner complètement.
À la Semaine de la critique, La Gradiva a soufflé la vie et les cendres : dans son très beau premier long métrage, Marine Atlan, que l’on connaissait comme directrice de la photo chemine majestueusement, telle la figure latine de son titre, de la chronique au mélodrame. Il est rare qu’un film de voyage de classe parvienne à se détacher de l’échantillonnage sociologique. (...) L’ennui des élèves pendant les visites à Pompéi se dissipe lorsqu’il s’avère que la fresque de la Villa des mystères a trait à un rite d’initiation sexuelle, résumé dans une inscription : « Une seule nuit peut faire de n’importe quel homme un dieu. » Sans forçage scénaristique comparant un éveil sexuel à l’autre, le film restitue l’atmosphère des nuits, leur trivialité, le cadre scolaire légèrement élargi, les circulations entre les dortoirs, et le caractère somme toute inédit d’un dîner où l’enseignante, pour une fois en retrait, écoute les jeunes gens débattre de leurs vues politiques. Le vocabulaire volcanique le dirait mieux : la petite troupe de La Gradiva, avec ses formidables acteurs débutants, est filmée comme une nuée ardente.
104 Avenue Jean Lolive, 93500 Pantin | Mentions légales | Accessibilité | Contact | Tel : 01 83 74 58 70