Magellan, navigateur portugais épris de liberté, se rebelle contre l’autorité du Roi qui refuse de soutenir ses rêves d’exploration. Porté par une soif insatiable de découvrir les confins du monde, il convainc la Couronne espagnole de financer une expédition audacieuse vers les terres mythiques de l’Est.
Mais le voyage se transforme en un périple éprouvant : la faim, les tempêtes et les mutineries mettent l’équipage à genoux. Lorsque Magellan atteint enfin les îles de l’archipel malais, l’explorateur idéaliste s’efface pour laisser place à un conquérant obsédé par la domination et la conversion, provoquant des soulèvements violents qui commencent à lui échapper… Ce n’est pas le mythe de Magellan, mais la vérité de son voyage.
Servi par une photographie sublime signée du chef opérateur d'Albert Serra, Magellan est une oeuvre puissante sur la colonisation aussi forte sur les plans esthétiques que politiques.
Une expérience de cinéma rare.
Lav Diaz est un réalisateur, scénariste, producteur et monteur philippin, né en 1958 aux Philippines. Connu pour ses films longs métrages au format épique, souvent dépassant les cinq heures, il explore des thèmes liés à l’histoire politique et sociale des Philippines, le traumatisme collectif, la lutte pour la justice, et la
résilience humaine.
Diaz est considéré comme l’un des principaux représentants du « slow cinema », un style caractérisé par des plans fixes, un rythme contemplatif et un engagement profond avec le temps et l’espace. Depuis 1998, il a réalisé dix-huit films et remporté de nombreux prix internationaux, dont le Léopard d’or de Locarno (From What is Before, 2014), l’Ours d’argent de la Berlinale (Berceuse pour un sombre mystère, 2016) et le Lion d’or de Venise (La Femme qui est partie, 2016).
Magellan marque son retour en sélection officielle au Festival de Cannes pour la première fois depuis Norte la fin de l’Histoire en 2013.
Albert Serra est un réalisateur et producteur espagnol.
Ses œuvres explorent de manière originale les grandes figures du passé, littéraires ou réelles, d’abord avec Honor de cavallería (2006), libre adaptation de Don Quichotte ; puis avec Le Chant des oiseaux (2009) ou Histoire de ma mort, qui met en scène une rencontre entre Casanova et Dracula (Léopard d’or à Locarno en 2013). Pour La Mort de Louis XIV, œuvre magistrale tout en clair-obscur, avec Jean-Pierre Léaud, il reçoit le prix Jean Vigo, avant de réaliser en 2018 Roi Soleil, une variation expérimentale sur le même thème. L’année suivante, Liberté, avec Helmut Berger, retrace l’histoire de libertins chassés de la cour de Louis XVI.
En 2022, Pacifiction : Tourments sur les îles rompt avec la peinture historique pour une plongée suspendue dans les arcanes politiciennes d'une île de Polynésie. Grand succès critique, le film offre à Benoît Magimel un extraordinaire terrain de jeu, qui lui vaudra le César du Meilleur acteur 2023.
Pour le film de Lav Diaz, Albert Serra a changé de place, et s'est fait producteur.
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